M comme Maladie

maladieDurant les quatre premières années de mon activité de relaxologue, j’ai traversé des maladies d’une violence physique assez inhumaine. J’ai eu des visions de torture issues de vies anciennes. J’ai compris ce que voulait dire « avoir mal à se taper la tête contre les murs ». J’ai même essayé, dans l’espoir de moins souffrir. Avec le recul, je sais que l’Univers me proposait alors un training sur la source de la maladie.

La dernière a été une uvéite. En vingt-quatre heures, je me suis retrouvée cloîtrée, dans le noir, les yeux fermés pendant plusieurs jours. Cela s’est passé quinze jours avant mes congés annuels en tant que libérale, congés que j’osais prendre enfin au bout de dix ans d’activité. J’avais décidé, pour la première fois, de lâcher prise sur mon travail et de partir trois semaines.

Au commencement, le premier soir, je ne pouvais rester sans lunettes de soleil. La lumière de la télévision me faisait pleurer. Le lendemain matin, au réveil, j’avais les yeux tout rouges, débordants de larmes qui coulaient sans interruption le long de mes joues.

Ma première réaction fut de me dire que cela ne m’empêcherait pas de travailler pendant les deux semaines surchargées de rendez-vous que j’avais pris avant ce grand départ estival. C’était sans compter sur la rapidité de l’aggravation de la situation. Me voyant ainsi, mon ami (chez qui j’avais heureusement passé la soirée, en banlieue parisienne) refusait de me laisser partir prendre le train et voulait me conduire  immédiatement aux urgences. J’avais vu mon généraliste la veille au matin, par hasard, pour tout autre chose. Ce médecin homéopathe était plutôt content de me voir avec les yeux rouges et la digestion difficile. Il me disait que c’était le résultat de notre travail de ces derniers mois. J’évacuais mes colères d’enfance. Je pouvais cesser de m’inquiéter, c’était normal selon lui. Je me décidai alors à lui passer un coup de fil afin qu’il me donne un diagnostic rassurant et que je puisse me rendre à mes rendez-vous. Comment pouvais-je les annuler ? C’était bien difficile pour moi. Par chance, certains d’entre eux se passaient avec des clientes qui me connaissaient depuis longtemps. Cela me tranquillisait. Je savais que je pouvais en annuler la moitié, au cas où… Je devais cependant recevoir une nouvelle cliente en soin Reiki, qui cherchait à me voir depuis presque deux mois… J’avais honte rien que d’imaginer devoir annuler au dernier moment.

Mais, au téléphone, mon médecin m’ordonna d’aller aux urgences dans la seconde. Mon ami était rassuré de ce conseil. Pour moi, cela signifiait ne pas pouvoir assurer mon travail de la journée. Je téléphonai à mes clientes, dont la gentillesse me fit excessivement plaisir. Elles comprenaient et ne m’en voulaient pas. C’était, en vingt ans de travail, la cinquième ou sixième journée que j’annulais. J’étais encore dans le besoin d’être acceptée par les autres, à cette époque.

Dans les minutes qui suivirent mes appels, je ne voyais plus rien. Je ne pouvais plus garder les yeux ouverts. La lumière m’agressait violemment en permanence. Mes larmes coulaient de plus belle. Je marchais, telle une aveugle, agrippée, d’une main, au bras de mon cher et tendre, et, de l’autre, me protégeant les yeux qui me brûlaient atrocement. En annulant ma journée de travail, je venais de lâcher prise sur mon côté « Terminator » — celui qui se relève toujours après une épreuve et continue quoi qu’il arrive. Je n’avais plus d’autre choix que d’accepter l’aide de mon entourage. Et je me suis souvenue de toutes ces dernières années où, pour des raisons similaires, j’avais continué à tenir la barre, comme un capitaine en pleine tempête qui refuse de quitter le navire. Mon Dieu, personne n’est irremplaçable ! Je vivais ce que beaucoup de mes client(e)s vivent : ne pas savoir s’arrêter, même en cas d’urgence, et continuer coûte que coûte jusqu’au burn-out.

Maltraitée aux urgences (je crois qu’il me fallait cette nouvelle couche pour me rendre compte de la douleur extrême que me faisaient endurer mes yeux), je comprenais enfin, par la force des choses, qu’il était hors de question d’envisager aller travailler ce jour-là.

Je suis revenue chez mon ami ; je n’avais pas d’autre issue que de me mettre dans le noir complet tant la vue de la lumière me brûlait la cornée. Le fait même de bouger les yeux dans leurs orbites me donnait l’impression qu’on me les arrachait. Même les yeux fermés, une faible lumière extérieure, comme l’écran du téléphone ou le voyant de la télévision, provoquait une douleur extrême.

J’avais mal et, en plus, j’étais en colère de ne pas pouvoir travailler, ni en rendez-vous, ni sur mon ordinateur, dans l’impossibilité de faire de la comptabilité ou de répondre aux sms qui s’accumulaient.

Ce deuxième cap a été catastrophique. Plus je m’énervais toute seule, à mesure que la journée passait, plus la situation empirait malgré les gouttes, les antidouleurs et les antibiotiques! Et moi qui avais déjà trop de retard sur mon planning, quinze jours avant mes premières vacances d’été… Quel stress !

Et, soudain, je me suis entendue dire : « Lâche sur ton programme, Marie-Laure ; si tu es malade, il y a une raison. Ton corps a besoin de cela pour te transmettre des messages. Tu travailles sur le corps depuis trois ans avec les autres. Tu l’as bien compris sur tes clients ». La maladie est un autre messager, lorsque notre petite voix intérieure n’a pas été entendue.

Mon mental a fini par capituler. J’ai accepté d’être malade. Je suis restée dans le noir complet, à dormir et à me reposer la tête. J’ai arrêté de penser. J’ai cessé de rechercher des solutions pour agir malgré mon état.

Je n’acceptais pas, jusqu’alors, de me laisser traverser simplement et naturellement par la maladie. Je ne tentais pas non plus de comprendre ce que mon corps essayait de me dire. Ma tête se croyait plus forte. Plus forte que quoi ? La maladie était dans mon corps. Elle était mienne ! Je la possédais en moi, pourquoi étais-je entrain de lutter contre elle ? Je me battais contre moi-même et je ne m’en rendais même pas compte, alors que mon corps cherchait désespérément à me dire quelque chose.

J’ai alors reçu un message d’une cliente qui étudiait la médecine traditionnelle chinoise. Les yeux, m’a-t-elle expliqué, sont très liés au méridien du foie et à l’émotion de la colère. Quand nous avons trop de colères rentrées, cette émotion a une incidence directe sur certaines parties du corps comme le foie et les yeux. Révélation souveraine ! Tout était donc normal. Mon médecin avait raison, j’évacuais les colères. J’en étais arrivée à ne plus vouloir les voir tant il y en avait d’enfouies insidieusement en moi. Et pourtant, je suis une personne spontanée, qui dit tout… Enfin, je croyais fermement que je disais tout, mais c’était sans compter avec mon éducation propre à l’est de la France, où beaucoup de sujets restent tabou dans les familles et où le non-dit est roi.

J’ai donc compris le message et accepté de me reposer. Puis j’ai commencé à pardonner ces colères qui, finalement, étaient tournées contre moi.

Quand j’ai lâché prise sur mon agacement et que je suis entrée dans le pardon, la maladie s’est interrompue en quelques heures. J’ai ressenti une paix profonde et une force qui dépassait la peur de la mort. En quarante-huit heures, la maladie était devenue une amie qui venait me rendre visite pour me parler.

En voyant la violence de ce que j’avais vécu, j’ai compris que la colère en moi était un poison. Si je n’avais pas rencontré mon médecin homéopathe, le cancer du foie aurait pu être la maladie qui serait venue me surprendre, au cours de ma vie, comme elle l’avait fait avec ma grand-mère et avec ma mère. Cette génération de femmes en colère m’avait transmis le syndrome du déni de nos traumatismes d’enfance.

Je me suis entendu penser que « la maladie était une épreuve humaine que notre âme avait choisie » pour nous aider à résoudre de gros paquets enfouis, de vieux karmas, comme disent les balinais.

Et constater à quel point la colère contre quelqu’un ou quelque chose pouvait déclencher autant de souffrances physiques et se terrer aussi longtemps au fond de mes entrailles, m’a bouleversée.

Si nous ne sommes pas suivis par un professionnel pour prendre conscience de tout ce que nous ravalons au quotidien, il est normal que le corps l’expulse un jour sous forme de « maladie » afin de tirer la sonnette d’alarme. La maladie met sous notre nez ce que nous avons à résoudre. Heureusement !

Ma vie avec moins de colère et moins de stress est bien plus agréable aujourd’hui. Je peux en témoigner…

Cette expérience douloureuse m’a montré en quelques jours que j’étais passée par les cinq stades différents que les médecins constatent dans les hôpitaux, à l’annonce d’une maladie irrémédiable. Ces cinq stades, je les retrouve dans tous les changements profonds de l’individu, dans mon travail de coaching avec vous. Je n’ai pu que remercier la maladie de m’avoir montré autant de choses sur le fonctionnement de l’être humain.

Les cinq étapes étaient les suivantes pour moi :

  1. Le déni de la maladie et de ses conséquences sur ma santé et sur mon quotidien.
  2. La colère et la lutte contre la maladie pour l’éviter.
  3. Les compromis pour essayer de faire comme si ce n’était pas grave ni important, et continuer ma vie comme si de rien n’était.
  4. La peur de mourir qui s’installait dans ma tête à l’annonce du diagnostic et de l’évolution que pouvait prendre la maladie, ainsi que la peur, donc, de son aggravation.
  5. L’acceptation et la gratitude envers la maladie pour m’avoir aidée à changer ma vision du monde.

J’ai eu la chance, à travers mon métier de voyante, de voir à quel point la maladie est totalement liée à notre vécu émotionnel. Ces milliers de rendez-vous avec vous me donnent cette chance d’avoir le poids de l’expérience et de vos récits comme preuve irréfutable des messages transmis par les maladies.

J’ai eu une deuxième chance, celle de tomber sur un guérisseur du XXIe siècle qui a confirmé ces constats d’un point de vue médical. Mon généraliste homéopathe ne se contentait pas de me donner des médicaments. Il m’aidait à me guérir en touchant le cœur du problème, à chaque fois, lors de nos échanges. Nous communiquions sur les traumatismes anciens que je croyais cicatrisées parce que je n’y pensais plus… Le nombre de clients que je lui ai envoyés m’a tellement apporté la même confirmation ! …

J’ai eu une troisième chance, celle d’avoir toujours été reliée à mon corps et d’avoir développé une activité professionnelle de relaxologue et de maître enseignant Reiki.

J’ai plaisir, depuis l’adolescence, à sentir mon corps se mouvoir et vivre à travers le stretching, le sport, le Reiki puis la relaxation, ainsi qu’à travers les maladies pendant quelques années. À travers mon accompagnement avec vous, j’ai eu d’autres exemples de cette manifestation naturelle du corps pour exprimer notre mal-être inconscient et nos retenues.

Ces techniques permettent de faire fondre la carapace que nous fabriquons inconsciemment en grandissant pour nous protéger des « attaques » de l’extérieur et pour nous sentir plus à même de nous positionner, sans être bouleversés par les autres ou par les situations du quotidien.

J’ai l’opportunité d’avoir ces différents points de vue pour me rendre compte que la maladie ne survient pas par hasard et qu’elle correspond, pour chacun, à un cheminement bien précis. Encore faut-il réussir à dépasser le déni, la colère, et avoir la foi quand nous nous laissons traverser par cette expérience pour en sortir grandis.

La maladie est une porte qui s’ouvre sur nos résolutions et sur nos dépassements. À nous de la franchir et de regarder nos traumatismes anciens avec bienveillance, ici et maintenant. Nous ne sommes plus des enfants blessés, mais des adultes responsables.

Ne restons pas simplement dans la croyance que c’est la faute à pas de chance. La maladie nous apprend toujours quelque chose sur nous et nous pousse à écouter notre corps. Il sait bien mieux que la tête ce qui est bon pour nous… Et quand nous acceptons cet autre messager qu’est le corps, nous pouvons vieillir en meilleur forme et vivre nos émotions, pour nous sentir vivants jusqu’au bout…

Extrait de L’Abécèdaire de l’accompagnement de l’Etre” par Marie-Laure Staudt

304 pages 22.50€ pour le commander, cliquez ICIcouv-Eiffel

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